ERGS, REGS ET OASIS

Quand on déplie la carte, d'immenses tâches ponctuent l'espace tantôt sombres, ce sont les Regs. tantôt ocres, ce sont les Ergs. Le Reg n'est autre que cette étendue infinie de cailloux. Rien ici ne flatte le regard, plat, ravin, cassé par une multitude d'Oueds, le reg n'a rien d'autre à offrir que son silence et son angoisse pour nous impressionner.

Ici. la chaleur et le vent règnent en maîtres absolus. Et c'est d'ailleurs lui. le vent qui comme pour illuminer enfin le désert, à déposé sur le reg, grain par grain les sables constitutifs des grands ergs. Sables blonds, sables roux ou orangers, ils sont la lumière du désert.

A eux deux. Ergs et Regs, représentent 80 % de la superficie totale du désert et même, si l'on ne peut être insensible aux courbes des dunes qui se croisent et s'entrecroisent à l'infini, on ne peut s'étonner de l'idée de relative monotonie que se font du Sahara la plupart des gens. Seules à leurs yeux. l'oasis dans cet enfer devient, si elle ne l'a pas toujours été, un véritable paradis.

Nées des nécessités du commerce entre le Maghreb et l'Afrique, les oasis rythmaient la progres­sion des caravanes. Le choix de leur installation dépendait de l'eau bien sûr. mais aussi de leurs positions stratégiques et de la sécurité de l'endroit. C'est pourquoi, il ne faut pas être surpris de les découvrir le plus souvent nichées au creux d'une falaise, à l'ombre de vastes palmeraies leur apportant calme et réconfort

Leurs populations Berbères, Maures, Arabes, n'eurent de cesse de ce combattre autant contre les éléments que pour leur influence réciproque où l'intérêt financier se confondait parfois à l'in­térêt religieux.

L'architecture défensive de leurs ksours fut la meilleure preuve de leur histoire agitée.

Ergs. Regs et oasis ... c'est souvent de ce monde que nous viennent nos rêves sahariens, mais il en est un autre, fort différent fait de montagnes et de plateaux ... le désert change de cadre.

Deux grosses tâches brunes au centre de la carte attirent l'attention : le Hoggar et le Tassili n'Ajjers qui constituent pour nous et depuis longtemps nos "zones d'errances" privilégiées.