LE HOGGAR


Situé à la pointe du Sud de l'Algérie, d'une superficie égale à celle de la France, le Hoggar est la région la plus connue du Saha­ra, qu'une littérature abondante fit terre d'exploits tenant plus souvent de la fiction que de la réalité.

Pratiquement, le Hoggar peut être repré­senté sous l'espace d'un château féodal avec son donjon et ses remparts, le "donjon" étant un ensemble de massifs montagneux, les "remparts" des plateaux nommés Tassili.

La raison de cette morphologie peut sans doute s'expliquer de la façon suivante :

Avant l'ère primaire, la région se présentait déjà sous l'aspect d'un massif montagneux qui s'éroda et disparut bientôt sous une épaisse couche de sédiments déposée par des mers successives. La rencontre des pla­ques continentales. Africaines et Européen­nes, il y a 200 millions d'années (âge de la terre : 4.5 Milliards) eut sans doute pour con­séquence annexe un soulèvement général de la région. Le massif primaire réapparut alors, puis se dégagea de sa couverture sédimentaire. L'érosion par l'eau et le vent aidant, celle-ci disparut jusqu'à une limite matérialisée aujourd'hui par une ceinture de plateaux : les tassilis. Au même moment, apparurent de fortes éruptions volcaniques qui amplifièrent le processus. Le Hoggar est donc formé de 3 types de paysages, les mon­tagnes, les Tassilis et de vastes plaines inter­médiaires

1. LA MONTAGNE DU HOGGAR

La montagne du Hoggar est un édifice assez complexe de plusieurs bastions souvent modelés par le volcanisme

Sur 400 Km de long et 200 Km de large, la massif n'est souvent pénétrable que par des systèmes d'Oueds d'une extrême com­plexité qui en délimitent souvent des sous régions, comme l'Anahaf, le Serkout, autour de l'Oued Tin-Tarabin. le Telerteba. l'Atakor avec l'Oued Tamanrasset et Igharghar. Par­tout les volcanismes du tertiaire et du quater­naire se mêlent aux granits du précambrien dont on reconnaît la présence par ses chocs de pierres rondes et violacées.

L'atakor est le plus connu de tous. sans doute à cause de sa beauté toute particuliè­re. C'est là que le volcanisme a pris des allures fantastiques avec quelques 200 pitons de basalte émergeant de vastes plateaux.

Un massif granitique semble prolonger l'Atakor, au Nord : la Tefedest moins connu, il est cependant très beau surtout autour de la région de sa plus haute montagne : la Garet El-Djenoun d'où l'on a une vue superbe sur les Tassilis du Nord.

2. LA CEINTURE TASSILIENNE

A environ 200 ou 300 Km, autour du Hog­gar, on découvre les Tassilis ou plateaux, restes de l'énorme plate forme sédimentaire qui recouvrait la totalité de la région avant que celle-ci ne recule devant la lente émer­gence des montagnes du Hoggar.

Venant de la montagne, les Tassilis ou pla­teaux se présentent sous l'aspect de falaises qui s'inclinent vite vers l'extérieur pour dis­paraître.

D'autres falaises émergent alors pour dis­paraître de même... les Tassilis sont en effet souvent doubles ...le Tassili interne et l'exter­ne. Dans le sens de l'aiguille d'une montre, on distingue 4 Tassilis.

A) Dans le quart Nord-Est : le Tassili N'ajjers à l'intérieur. C'est de loin le plus imposant avec une façade en arc de cercle de 800 Km, dédoublée à l'extérieur par le Fadnoun et le Tadrart.

Sa façade en falaises à pic fortement érodées est souvent cachée par de vastes con­centrations dunaires, comme l'erg Admer et Tihodaine C'est cette alliance de roches de grès érodées et de dunes qui font la beauté de cette région.

On aimera à marcher dans ces villes de pierre, que sont les sites d'Essendilene, l'Ifedaniouene au Nord ou de Monghor / Alidema au Sud-Est de l'oasis de Djanet.

Le plateau même des Ajjers présente une surface plate, mais souvent entaillée d'Oueds profonds II s'incline rapidement pour disparaître sous ses Tassilis externes.

C'est à la surface de ce plateau qu'il est permis d'admirer d'extraordinaires peintures, témoignages de la vie d'autrefois Par des milliers à Jabaren ou à Sefar, à deux pas de l'oasis de Djanet, on les retrouve, cependant partout dans les Ajjers.

Les Tassilis externes se nomment Fad­noun au Nord et Tadrart à l'Est. . Le Fadnoun, lui aussi en falaises, s'incline et disparaît sous les sables rouges de l'erg Issaouane Là aussi, l'eau a creusé d'énor­mes canyons propices à l'habitat comme l'Oued Djerat, dont les gravures rupestres sont étonnantes.

 

Vers l'Est, l'autre Tassili externe s'appelle la Tadrart Acacus. Les Oueds, ici ont inversé leurs cours et coulent vers les plaines du Hoggar et en permettent la pénétration comme 1'Ouest Arrikine ou In-Djerane

La Tadrart-Acacus se perd lentement sous les sables de l'erg Tin-Merzouga rouges elles aussi, dans une apothéose de dunes et de roches sculptées en cathédrales et qui en font un site touristique hors pair. On y décou­vre également de superbes gravures et pein­tures qu'on est loin d'avoir toutes réperto­riées (éléphant. girafes). La découverte de la Tadrart est inachevée.

Au Nord et à l'Ouest, les Tassilis de l'Immidir et de l'Ahnet.

Si dans l'Immidir, on distingue bien la suc­cession des deux Tassilis, elle est beaucoup plus difficile à distinguer dans l'Ahnet.

. L'Immidir. L'accès de l'Immidir est gêné par des affleurements granitiques du Mouydir. En façade, les falaises sont imposantes et coupées de canyons énormes, dont la plus connu n'est autre que celui des gorges d'Arak. qu'emprunte la RN.

Quelques oasis secrètes se nichent au pied des falaises, comme Tadjmout sur l'ancienne piste, ou très loin à l'intérieur comme Ahohogh.

L'Immidir disparaît sous les dunes splendides des ergs Teganet et Zerafa aux riches­ses archéologiques insoupçonnées Sur son flanc Ouest deux petits Tassilis méritent l'attention : le Tassili de Tekenberet et celui de Tin-Meski. Tous deux les pieds dans les sables de l'erg Mehedjibat, dont la beauté n'a peut être pas d'égale dans tout le Saha­ra.

Plus à l'Ouest : l'Ahnet composé d'un nombre incroyable de plateaux comme l'Ahnet.

Adafar; là aussi, les ergs viennent taquiner les falaises comme ceux de Tassedjeft et Afarag

Au total, le Tassili des Ajjers et la Tadrart restent, à nos yeux toujours aussi étonnants qu'au premier jour et d'une richesse extrê­me, dont on est loin d'avoir épuisé les res­sources.

Au Sud-Est, les Tassilis ont été disloqués par les eaux de l'Oued Tamanrasset, qui s'évanouissent dans le Tanezrouft, le désert des déserts.

Seul reste le Tim-Missao, modeste par sa taille, mais vraiment superbe et qui annonce par sa physionomie les Tassilis du Sud.

Les Tassilis du Sud du Tassili du Hoggar. Ici, l'érosion a été particulièrement importante. Il ne subsiste que le plateau externe et encore, il nous apparaît, comme un véritable puzzle formé de 4 plateaux indépendants :

Tin Egolé, Abegui, Im Meskor et Tin Rhero. Ici, la beauté est secrète, plus ponctuelle que dans les Ajjers. mais vraiment incroyable: on ne manquera pas de vous parler de l'angois­sant El-Ghesour, de l'orgueilleuse Tagrera, de la chaotique Tilemfeza, tous en lisière d'in Abeggui Plus au Sud, il y a la féminine Abalema et l'énigmatique Tin Rhero.

Les plaines sont ces zones de transition entre les montagnes du Hoggar et les Tassi­lis. Domaine du grand désert, on en retient quelques noms comme celui de l'Amadror, du Taffassasset ou encore du Tanezrouft. L'amadror est connu pour la qualité du sel que les Touaregs ont longtemps exploité et transporté jusqu'au Niger et le Taffassasset parce qu'il n'est autre que le Nord du Ténéré et le berceau du grand Oued, qui autrefois descendait 1.500 Km plus au Sud vers le lac Tchad.